mardi 30 juin 2009

En écoutant "La Valse des Mannequins" de Boris Vian repris par Mme La Présidente, aka Carla B.



Juste un petit post pour mettre fin à la diffusion automatique de la bande annonce du Mépris qui doit franchement énerver toute personne venue deux fois sur cette page.

Popeline de Jersey nous a appris dernièrement, au cours d'un post, qu'il avait les tétons qui pointaient depuis qu'il avait repris le sport. Je me suis donc demandé si il était nécessaire que je communique sur le fait que les miens pointent tout le temps.
"Love In Fun" existerait toujours, j'aurais pris la liberté d'appeler pour que Doc m'apprenne ce que ça voulait dire. Le Doc, pour les personnes trop jeunes, était une voyante qui prédisait l'avenir à travers les pics d'hormones et les sécrétions.
En tout cas, c'est peut être peu discret mais je trouve que ça donne agréablement vie à des vêtements de travail trop tristes, dans un contexte dépourvu de sensualité.
D'alleurs, dois-je mes jobs à cette symbolisation de sang chaud? Très certainement: chez Century il cherchait un gay pour attirer le chalant. A la Micheto, un "oui" évident me vient aux levres. Le 8e Etage cherchait quelqu'un d'agréable avec du caractère pour accompagner des salariés toute une journée pour visiter des apparts. Je pense qu'ils ont jugé la présence du téton pointant comme un bon argument de négociation. A Melun, le Directeur Commercial était gay donc le téton était un plus.
Mais que vais-je devenir si un jour mon téton devient discret.

Ca y est, il n'y a plus le Mépris en fond sonore.

En repensant à "Etreintes Brisées" de Pedro Almodovar



La vie d'assistant est des plus palpitantes. Aujourd'hui j'ai du prendre rendez-vous avec le chauffeur de la société pour ramener 20 dossiers de plans à notre agence d'Ermont.
L'idée de faire la conversation ne m'enchante pas trop, mais comme je l'ai déjà fait lors d'un premier voyage qui n'avait pas été si pénible que ça, je m'exécute.
Ce type est à deux doigts de la retraite, d'ailleurs c'est son principal sujet de conversation, avec la bourse. Il parle des syndicats, de la SNCF puisque lui est en détachement SNCF et qu'il est invirable et moi je regarde la route monotone en faisant "ah bon, non, oui" quand il le faut. Devant nous il y a un camion transportant des pieux et je revois la scène de Destination Finale 2 ou 3, où un camion transportant la même cargaison lâche et tue différents conducteurs. Je m'imagine là, mourant dans un nouvel accident de voiture et j'ai la musique de Cat Power, comme dans "Étreintes Brisées".
"Oh the werewolf, oh the werewolf comes stepping along"
Sur "the werewolf", j'imagine ma mort et toutes ces choses que je n'aurai pas faites ou que j'aurai laissé en suspend comme à mon habitude. Je pense à toutes ces histoires que je n'aurai jamais écrite.
Au retour, il me parle de son fils qui est schizophrène, de sa thérapie de groupe, de ses visions qui se sont arrêtées, du médecin de famille qui avait mal traité les troubles initialement en lui faisant suivre un mauvais traitement. Il me dit qu'il a toujours fait comme si tout était normal et que lui aussi a eu des visions durant une courte période à l'adolescence. Des visions durant un mois.
Et là je me surprend à lui dire que moi aussi j'en ai eu après un accident de voiture, que j'entendais des voix qui m'accusaient, et que je n'en dormais plus, que j'ai été voir un médecin qui m'avait filé des calmants et qu'à ce moment là ça a été pire. J'ai décidé d'arrêter les médocs, ce fut pénible mais il fallait vivre. Ce fut comme un nouvelle naissance.
Je me suis surpris à déballer des choses plutôt intime dont je ne parle quasiment jamais et de cette proximité ainsi établie.

dimanche 24 mai 2009

Le Sang



Je suis "O positif". Un peu plus, j'étais donneur universel. Je l'ai échappé de peu car je n'ose imaginer mon existence si j'avais du donner plus. Généralement lorsqu'on dit "donnant donnant" on pense à une égalité alors que l'interlocuteur comprend que vous allez donner deux fois plus puisque vous vous répétez. Je suis "O positif" comme mon père. J'ai aussi les yeux marrons comme lui, mais pas tout à fait la même nuance. Je suis plus clair. J'ai la peau matte mais moins que lui. En résumé je me suis mon père en dilué, sauf pour le sang. De loin je suis mon père, de près je suis ma mère, et à l'intérieur je suis juste moi secouer entre ses deux modèles d'éducation.
Ma soeur est "A positif". Même rhésus mais pas même groupe. Elle a le même sang que ma mère. Elle a les yeux bleus comme elle, les cheveux chatains comme elle mais avec plus de tenues. Elle par contre de prés c'est mon père. De temps en temps, elle avoue en se voyant à la sauvette dans son rétroviseur qu'elle voit notre père en femme. Moi la nuit dans les rues, mon reflet dans les vitrines me prouve que je ressemble à ma soeur. Mes papiers d'identité à ma mère. Mon père dit pourtant que je suis le portrait craché de son oncle et que j'ai hérité de son calme.
Ma soeur a trois enfants, me demande de lui faire son CV mais préfère souvent suivre les conseils des autres.
Ma soeur a trois enfants et trouve qu'aucun ne lui ressemble. Ses enfants ne sont pas les miens mais ils me bouleversent. La première fois que j'ai vu l'ainée à la maternité, elle tenait dans ma main, et je me suis mordu les levres pour ne pas pleurer car je sentais quelques choses en moi, quelques choses qui détruisaient toute ma distance pour l'aimer sans limites. La première fois que j'ai vu la suivante, j'ai fait un malaise et mon père et ma soeur étaient tous les deux au dessus de moi inquiets de mon état. La première fois que j'ai vu mon neveu, j'y suis allé avec mes nièces à la main qui étaient aussi heureuses et émues que moi par l'arrivée de cette nouvelle tête, portrait craché de leur père.
J'ai rien en commun avec ma soeur, pas même le groupe sanguin, mais il y a le sang. Le sang qui fait de moi la seule personne à qui elle dira qu'elle en a marre. Le sang qui fera en sorte qu'elle m'aidera pour m'installer, pour me parler de nos parents et qui fera en sorte que même si parfois elle me tape sur les nerfs en période de cadeaux à faire en commun, la terre s'arrête lorsqu'elle a besoin de moi.

samedi 9 mai 2009

Parce qu'après avoir vu "Romaine par - 30" il était normal de se faire une soirée Kiberlain



Connaissez vous la notion de "point de non-retour"?
Cette notion a vu le jour dans une Ford Fiesta ou sur une aire de repos près d'une Ford Fiesta dans la seconde partie des années 90. A l'époque, je tiens à préciser que j'ignorais que les aires de repos étaient des lieux de drague. Je n'étais qu'innocence. A l'époque, les théoriciennes qui m'accompagnaient (les inégalées Nancy et Marion) et moi même, tous trois fans de Jordan Catalano, parlions toutes les nuits en buvant des cafés Selecta - un café de qualité jamais égalé. A cette époque, on se demandait quelle était le signe qui nous faisait comprendre que lors d'une période d'approche (parade nuptiale) on pouvait passer à l'attaque. Si on loupait se signe, la relation amoureuse devenait impossible et se destinait uniquement à une relation d'amitié. Ce stade fut appelé "point de non-retour". Aujourd'hui j'ai plus l'impression qu'on pourrait appeler ça "laisser sa chance passée". On a beau être adulte, être dans la trentaine, on ne maîtrise jamais les choses et on ne sait jamais si on a dépassé le point de non-retour. Aujourd'hui ce qui est difficile c'est qu'on a également à gérer les deuils des histoires de l'autre. Parfois, on s'imagine finir sérieusement avec quelqu'un sauf que, à ce moment on estime que l'autre n'a pas tourné la page avec ses histoires d'ex. Que pour pouvoir être avec vous pleinement il faut avoir digérer l'autre. Sauf que voilà, vous rencontrez quelqu'un d'autre avec qui on se dit "pourquoi pas". Alors qu'on a de sérieux doutes sur son actuelle relation, on se demande si l'autre est finalement attiré par vous, si vous ne vous faîtes pas des films... et pendant ce temps, lui rencontre quelqu'un, et lorsque vous vous rendez compte que son histoire est sérieuse, vous êtes content pour lui, mais assez triste dans le fond.
Comment peut on construire quelque chose alors qu'on a toujours le doute de savoir si on a fantasmé sur une évidente compatibilité.
Et puis un soir ça tombe comme un cheveu sur la soupe, vous mangez une andouillette frites avec votre meilleur ami et il vous dit "j'ai toujours pensé que vous finiriez ensemble c'était évident". Vous mâchez votre andouillette et vous glissez l'habituel "c'est à dire?". Et là on vous apprend qu'il a toujours eu l'air de s'intéresser à vous. Et vous, comme d'hab, vous avez rien vu.
Mais maintenant ça a l'air foutu: il y a quelqu'un d'autre.

Parfois je repense à mon enfance. Lorsque j'avais 5 ans, le centre ville de Poissy était en pleine construction. Lorsqu'on allait à l'école primaire avec ma mère, on longeait une longue palissade sur laquelle quelques trous permettaient de suivre le chantier. Ma mère m'avait montré le gazon qu'on posait sur des espèces de petits tapis et après j'allais soulever l'extrémité du carré de gazon assez émerveillé par ces grands kit de jardinage. La vie à l'époque était comme un décor de cinéma, c'était tellement plus simple sans les "Jordan Catalano".

dimanche 3 mai 2009

Parce que notre dernier morceau ensemble fut "All Shook Up" de Helena Noguerra et Perry Blake, remixé par Zend Avesta.



Hier c'était le 2 mai 2009. Le 2 mai, c'est juste après le 1er mai, c'est donc le jour où on doit dépenser tout le fric qu'on a pas pu flamber un jour férié chômé.
Hier il a donc fallu que dès 10h j'aille chez le coiffeur à Notre Dame de Lorette et récupérer mon courrier en douce, que je m'achète une légèreté en maille chez Zadig & Voltaire rue du Jour, mes bottines Agnès B en 44 rue du Jour que j'ai finalement du acheter à Saint Sulpice(plus un petit t-shirt pour faire marcher l'économie) car il n'y avait pas ma pointure de "type à extrémité trop grande pour une personne de petite taille", aller dans un sexshop, m'acheter un sandwich, retourner à Poissy pour
faire la sieste et laisser reposer des "escalopes imbibées" en plastique à 4 € l'unité pour faire disparaître mes cernes car le but de cette précipitation: tirer mon coup. Baiser car je ne pense plus qu'à ça. Baiser salement et crument, avec un inconnu ou un "someone to love" de quelques heures. Quoique un amoureux, je ne suis plus contre. Connement je me sens prêt, mais bon j'attends mon chez moi pour repenser aux sentiments. Là, je ne laisse que l'animal s'exprimer.
Avant de repartir, je décide de télécharger sur itunes "Extraterrestre" par Arielle Dombasle et Katerine, et finalement puisqu'on est le 2 mai, lendeain du 1er mai, j'achète tout l'album.
Je pars avec Arielle sur les oreilles et écoute "Extraterrestre" deux fois. Dans le RER j'écoute l'intégralité et trouve ça vraiment mal chanté... Arrivé à Auber, j'écoute Helena et Perry Blake " All shook Up", remixé par Gusgus, et je me souviens avoir rigolé en traversant le boulevard Sebastopol. Je pense beaucoup au cul et je me dis que si je ne baise pas ce soir, je baiserai obligatoirement dimanche en allant au sauna ou dans un club. Est-ce que je verrai Wolferine avant pour "me mettre un peu plus en bouche"?
Pause: la photo de Sandrine Kiberlain est une photo trouvée sur "google image" en tapant "hélèna noguerra perry blake". Comme le 1er on a vu "Romaine Par Moins Trente",et qu'en rentrant à Poissy j'ai écouté son premier album, j'ai estimé qu'elle avait sa place dans ce post, surtout que j'étais toujours aimé Sandrine Kiberlain pour son jeu d'actrice, sa diction cadencée et sa filmographie... comme chanteuse c'est autre chose. En plus sur cette photo, cette tenue d'écharpe et foulard qui pendouille... c'est très moi. Moimoimoimoimoi!!!!!!!!!!!!!!!!
Reprise: j'arrive dans le resto japonais où j'avais rendez-vous avec Philippe, traverse, ne le vois pas et finalement c'est quelqu'un du personnel qui m'a dit que quelqu'un de seul attendait quelqu'un dans la pièce d'à côté que j'avais jugé inutile de visiter car j'avais jeté un coup d'oeil de la rue en passant.
On papote, je commande aussi un cocktail maison, ainsi que deux séries de makis et une paire de brochettes au fromage. Comme c'était peu, j'ai recommandé des makis. Comme Philippe a oublié sa carte bleue, je règle pour les deux. On traverse la rue et on passe aux Souffleurs pour voir la Fournial aux platines. Là, je commence à résumer: on commande et boit trois verres chacun, on papote, j'accompagne pour fumer dehors et reconnais un de mes anciens contact rezog... Mais pourquoi on ne s'est jamais rencontré? Il est super mignon ce mec. Je fais toujours les choses n'importe comment. Le temps de pisser, je retrouve mon sac ouvert avec mon bouquin de Jonathan Coe que je devais prêter à Philippe en dehors. Ensuite on se casse, autre soirée, mais très vite abréger... à peine le temps de boire deux petites vodka qu'une vieille gerbe surgit. Je cours aux chiottes et dégueule liquide. Putain, mes trois cocktails à 8€. Je m'allonge, je dors. Je retourne vomir vers huit heure et identifie mes makis. Putain, 45€ de dégueulé. Comme les makis tiennent bien au corps, j'ai du dégueuler la suite cachée de mes makis avant de partir.
Je suis finalement rentré à Poissy avec la tête qui tourne, et les couilles pleines.
Ce dimanche sera un dimanche en famille. Sage et fatigué. Au moment où je décide de m'acheter Avenue B de Iggy POP,je constate que mon ipod est parti. Et là, je repense à mon sac ouvert aux Souffleurs, et fais enfin le lien. Je refais l'inventaire du sac et constate que le voleur avait compris le thème de la soirée "modasse cheap" puisqu'elle n'a pas eu l'idée de piquer mon blouson Zadig et Voltaire.
Conclusion de la journée: mes bottines sont sublimes, je n'ai pas baisé du week end, j'ai dépensé plein de frics pour "partir sur de nouvelles bases", comme Philippe a aussi vomi son repas japonais: ceux sont donc les makis qui sont mauvais pour la santé et pas la vodka, il n'y a aucun restaurant agréable dans le Marais, un fils de pute m'a volé mon ipod et que cet ipod était la chose la plus précieuse de mon existence. Je me suis tapé toute la liste de Patrick Comoy pour retrouver mon contact rezog... mais rien.
Vivement le 19e en juin.

jeudi 30 avril 2009



C'est un truc de fou, j'adore Julien Doré. Je sais, c'est dit, c'est balancé mais même si j'en ai pensé plein de mal, aujourd'hui je fais mon mea culpa. Avouer ça aujourd'hui, c'est comme faire avouer à Françoise Hardy qu'elle suit "Les Feux de l'Amour" tous les après-midis, alors que Jacques Dutronc regarde Derick: une érection molle.
A la base, c'est un type qui m'énervait... Nancy étant en France lorsqu'il faisait la Nouvelle Star, je l'avais vu et aimé les deux premiers primes avec sa barrette et son yukulélé, puis après je me suis dit "il se la pète".
Sa reprise de "Lolita", c'était du mauvais second degrés, comme toutes ses déclarations dans la presse et ses tatouages... Et puis voilà, il y a eu la sortie du single "Les Limites", son clip gainsbourien débile, sa pochette, ses plateaux télé et j'ai acheté l'album... oui oui, acheté, pas juste téléchargé. L'album, c'est comme manger de la pizza, c'est jamais terrible mais on est toujours content de s'en faire une avec les collègues de bureau qui compte les repas en nombre de tickets resto et pas en Euro. J'adore "Les Bords de Mer", écrite par Doriand, la plus mauvais est celle qu'il a écrite "Bouche Pute" (un hommage à Pheel?), le reste c'est sympatoche. Les chansons de Cocoon sont pas géantes, mais passent bien en radio.
Ce qui est bien chez Julien Doré c'est ce qu'il fait de son carnet d'adresse: nous remettre la grosse Catherine qui doit être la seule à ne pas se voir vieillir sur des rollers, Christian Morin qui ressort de son cercueil... mais surtout ceux sont les duos qui sont impressionnants: de "Laisse Mes Mains Sur Tes Hanches" de Adamo à "Helsinki" avec Mélanie Pain, en passant par l'arrimage chez Coeur de Pirate, il arrive à s'approprier des bluettes avec beaucoup de talent et de sincérité.
Il paraît que Gonzales n'a pas réussi à bosser avec lui car Julien faisait du Katerine, j'ai donc hâte de le voir faire du Doré sur des textes de Capitaine Igloo aka Françoise Hardy, parce que même si il est décontracté, ça reste un mauvais auteur.

lundi 27 avril 2009

En écoutant "Heartpaper Lover" de Marissa Nadler



Parfois on devrait vivre sous du papier bulle pour ne plus avoir mal, pour ne plus rien sentir.
Aujourd'hui, j'ai transporté mes deux derniers cartons qu'on m'avait préparé. On m'avait prévenu par mail que c'était des affaires retrouvées et d'autres cadeaux que j'avais fait.
Je suis donc passé à l'appart, désert durant une semaine et j'y ai vu mes "little boxes" qui m'attendaient, scellées d'un scotch marron pour empêcher tout fantôme de s'en échapper.
Il était midi et demie, je les ai soupesé et je me suis jugé assez fort pour les ramener tous les deux et passer à autre chose. Je suis tellement persuadé que la fuite de ma voix est liée qu'il faut aller au bout des choses.
Un peu comme Helene Fillières dans plusieurs de ses films, je suis allé dans la rue. Dans les rues. Un peu gauche, à ne plus voir mes pieds avec mes deux cartons qui m'embarassaient.
Je suis retourné à La Poudrière, les ai regardé intrigué par ce qu'il pouvait bien cacher. Un peu effrayé en même temps.
Et 17h15, l'instant de la délivrance a sonné et nous sommes repartis tous les trois. Comme j'avais décidé de m'acheter des légumes, j'ai étrangement pensé qu'aller à pied à Cadet serait une bonne idée, car les primeurs m'auraient servi ce qui aurait été moins handicapant pour moi portant mes eux enfants. Sauf que c'était lundi, et que le lundi ils étaient fermés. Je suis donc allé au DayliMonop de Le Pelletier car je me suis dit "ce sera plus pratiquement, je trouverai surement une solution avec mes cartons". Le fait est, le vigile me les a gardé. En partant, un caissier mignon m'a fait un grand sourire du genre "pas mal la cruche avec ces deux cartons". Et j'ai fini par prendre le métro à Notre Dame de Lorette pour aller à Saint Laz prendre mon train. A Poissy je commençais à fatiguer, j'aurais pu prendre un bus, expliquer la situation à mon père pour qu'il vienne me chercher mais non, j'ai fait mon chemin de croix comme un grand.
Une fois arrivé, la priorité fut de ranger mes courses, puis d'éventrer ces deux putains de cartons. J'y ai retrouvé la petite peluche achetée à Londres car je voulais absolument lui ramener quelque chose avec mes petites livres. Deux costumes et une veste tassés, bon pour le pressing, le caleçon qu'il me faisait porter la nuit car il ne fallait par dormir nu (je l'ai jeté), le CD de Clémentine Célarié qu'il n'a jamais fait l'effort d'écouter car pour lui, être fan de Célarié, c'était se limiter à la pub SLimFast, mes capotes d'adulte et un gel(qu'il continue à chercher des mecs qui rentrent dans des microcapotes, sans doute destinées aux enfants), un jeu de Wii, des raretés de Madonna et d'autres petits cadeaux que je lui avait fait sans contexte quelconque, une paire de chaussettes dont je n'aurais pu revendiquer la paternité, le tire-bouchon offert pour son anniversaire.
Et là ce qui me choque, c'est qu'il n'y a pas sa putain d'eau de Cologne Dior offerte en même temps que ce putain de tire-bouchon. Etait ce parce que c'était le seul cadeau de valeur? Un parfum, quand on veut oublier quelqu'un, on ne le porte pas.
Je comprends pas. Je sais qu'on réagit tous différemment mais il m'efface mais garde les dessins de mes nièces.
Je trouve ça assez humiliant et me dis sur le coup que je ne veux plus le revoir.
Je suis vraiment un raz de marée? je suis sur que non. Bien sur je trouve ça fou, l'appartement est comme avant.
Je réalise que j'ai toujours été de l'avant finalement... après mon accident de voiture, j'ai pris des médocs trois jours puis je les ai arrêté, quinze jours plus tard je reconduisais... je voulais pas que tout s'arrête. Je savais que si je le faisais pas maintenant je ne le ferais jamais plus. Et c'est comme ça que j'ai pris conscience que je vivais. Durant 22 ans, je l'avais oublié. Alors aujourd'hui, je vis toujours et j'ai pas envie de faire semblant. J'ai eu des amours, des déceptions, on m'a largué, je ne suis peut être passé à côté de belles histoires mais c'était juste pas le moment.
En tout cas, c'est la première fois que je finis à la poubelle.